PEDRO FRIEDEBERG, CONFUSION IMPECCABLE

 

Confusion impeccable
, ainsi s'intitule l'exposition
au Palais Bellas Artes consacrée à Pedro Friedeberg. Né à Florence en 1936, il met les voiles avec sa mère en 1940 pour fuir la guerre. En 1955 il intègre l'Université Iberoaméricaine où il a pour maître le sculpteur allemand Matthias Goeritz. Il apprend les systèmes de perspective et autres règles d'architecture mais laisse tomber cette carrière en 1958 pour se tourner vers la peinture: "j'aurais pu être un grand architecte. Mais quand j'ai vu l'architecture de Ludwig II de Bavière, je me suis rendu compte que jamais on ne pourrait faire quelque chose d'aussi merveilleux."
Pedro Friedeberg a manifestement un pet au casque, sa peinture est exécutée avec rigueur, ça dépasse pas comme on dit, on est face à l'oeuvre d'un maniaque méticuleux qui prenait jusqu'à huit mois pour terminer un tableau. Cette technique très stricte est au service d'un monde complètement débridé où les couleurs, les perspectives, les motifs très détaillés vous pètent à la gueule dans une harmonie parfaite. La raison est laissée de côté, rien n'est logique tout est absurde. Dans un style rococo, op-art et psyché, Friedeberg nous fait étalage de la folie qui lui passe par la tête. Les formes sont géométriques, les lignes sont droites et pourtant une grande liberté émane de l'oeuvre. Devant certains tableaux on jurerait qu'il a utilisé l'ordinateur tant les dégradés et le trait sont irréprochablement lisses. On serait tenté d'attribuer ce travail à un défoncé des 60's, un barbu qui pue avec des petites lunettes rondes, mais quand on voit Friedeberg en photo on croirait voir un Dali avec son expression impassible et mystérieuse trônant au milieu d'un monde déjanté, le sien.
Une chose est sûre, l'expérience du LSD ne l'a pas laissé indemne et c'est pour notre plus grand plaisir que toute sa vie il a cherché à exprimer cet univers merveilleux. J'ai payé 30 pesos (1,5€) pour un papelard à l'entrée m'autorisant à prendre des photos, les voici. Cependant il faudrait un bien meilleur appareil que le mien pour rendre le relief et les couleurs de Friedeberg, son art il faut le voir en vrai.



  































1958. Pedro est toujours à l'université, il commence à faire des dessins et des aquarelles pour la revue Mexico this Month, rédigée en anglais et destinée à la communauté étrangère de la capitale. Il le fera jusqu'à la fin de la revue en 1972.







     







La création la plus célèbre de l'artiste, le siège en forme de main.
Dans une version postérieure, le socle deviendra un pied géant. Friedeberg pensait tout d'abord en faire une oeuvre unique, mais la sculpture connut un certain succès commercial, tout le monde la voulait chez soi à commencer par Yul Brynner, Roman Polanski et Jeanne Moreau.
En 1963, la peintre Alice Rahon demande une photo du siège-main à André Breton ce qui valut à Friedeberg d'être intégré dans le cercle des Surréalistes.






  









Pedro Friedeberg photographié par Catalina Mendoza pour une interview intitulée "L'unique forme sublime de l'amour est la nécrophilie." (Fin de citation.)





Croquis préparatoire



Vous venez de voir un extrait de l'exposition du Palais Bellas Artes à Mexico, si ça vous a plu je vous recommande vivement de cliquer sur ce lien qui vous mènera droit au site officiel de Friedeberg où d'autres surprises vous attendent: www.pedrofriedeberg.com

  • : à l'occasion d'un stage de quatre mois dans la maison d'édition scolaire et littéraire Castillo à México D.F., j'ai créé ce blog pour y intégrer mes découvertes et coups de coeurs. Journal d'un diseñador.
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Point: coup de coeur
Carré: c'est moi qui l'ai fait

échéance : 24 décembre

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